Cœur fermé, yeux ouverts

Voilà, l’opération est passée est je vois.
Très bien. Sans lunettes ni lentilles.

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Perfect Love and Perfect Trust – Hidden path de raven Grimassi et Stephanie Taylor. Illustration de Mickie Mueller

Bon et après ?

Après ? Je continue mon travail de recentrage, j’ouvre les yeux et je découvre.

Je découvre combien je m’étais refermée en moi-même ces derniers mois, je dirais ces dernières années.

Au moment de me réorienter j’avais suivi mon cœur, je me suis investie corps et âme à temps plein dans la voie du guérisseur et je n’en ai rien fait.
Entre-temps, d’autres choses sont venues dans ma vie, du bon, du moins bon, du mitigé.

Régulièrement je fais un bilan de ma situation sur tous les plans : professionnel, spirituel, psychique, amoureux… Mais cette fois je m’avoue certaines choses que j’ai mis plusieurs mois à voir en face.

Je n’arrivais plus à être « en parfait amour et en parfaite confiance » dans la vie.

Bien sûr on peut rattacher cet adage à l’amour, domaine qui a connu pas mal de remous dans ma vie ces dernières années. Mais il est plus général.
Dans la Wicca (ou dans la plupart des spiritualités/religions/pratiques néo païennes), une fois le cercle de protection tracé, chacun des membres déclare officiellement être dans le cercle de pratique « en parfait amour et en parfaite confiance ».

Il s’agit de libre arbitre bien entendu, mais aussi de lâcher prise, de confiance absolu en l’Autre, en l’Univers et envers les énergies qui seront véhiculées dans le cercle. L’Amour est absolu, inconditionnel, il englobe tout, reçoit tout et est donné entièrement, sans retenue, sans hypocrisie, sans calcul.

Il s’agit de fidélité, de loyauté et d’amour… envers soi-même pour commencer puis envers les autres.

Et aujourd’hui que mes yeux sont ouverts, alors que je regardais le 3e volet de The Goddess Trilogy de Donna Read « Full Circle », j’ai découvert combien je m’étais refermée.

Suite à des déceptions dans différents domaines de ma vie je me suis fermée à la lumière.
La déception n’a pas besoin d’être liée au comportement d’un autre. On peut être déçu par soi-même, ses sentiments, la vie, l’évolution des choses…

Et je pense que depuis très longtemps sans me l’avouer, sous un masque d’optimisme et de gaité, je suis quelqu’un de pessimiste et de blasé.

A chaque bonheur de ma vie, j’attends le retour de bâton, la dette, la mauvaise surprise qui me fera perdre le bonheur rencontré.

Depuis quand suis-je ainsi ? Honnêtement je vous avoue que je ne le sais pas. On pourrait jouer au psy longtemps et voir avec Tonton Sigmund pour retrouver cette perte de confiance dans ma plus tendre enfance.
On pourrait aussi s’arrêter 10 – 15 ans en arrière à une période donnée de ma vie amoureuse.
Bref. J’ai perdu la foi. L’innocence ? La naïveté ? Oui, les gens blasés comme moi pourraient donner ces noms à la foi que j’invoque aujourd’hui.

Arcane XVII - Etoile - Tarot Of The Old Path

Arcane XVII – Étoile – Tarot Of The Old Path

Car c’est une étincelle de vie que j’ai perdu peu à peu. Celle qui justifie qu’une fois encore on essaie, on se lève le matin, on tente, on ose, on apprend, on fait… on aime.

Aller vers l’Autre (qu’il s’agisse d’un métier, d’un patient/client, d’un ami, d’un inconnu, d’un amant) demande un lâcher prise dont je ne me sentais plus capable.
Par bonne volonté et par amour pourtant j’ai avancé. Car malgré tout, on cherche toujours ce bonheur cet absolu, cette étincelle que l’on souhaite retrouver même si l’on ne s’avoue jamais vraiment l’avoir perdu.
Mais finalement quelque chose, parfois d’infime, révèle dans notre comportement que nous ne sommes pas tout à fait là…pas tout à fait engagé.

Tout notre or a été volé, il ne nous en reste plus comme le dit magnifiquement Natasha Khan dans All your gold.

Nous avons du mal à y croire. Ce bonheur devant nos yeux pour lequel nous nous sommes parfois battu nous semble soudain fragile, illusoire, absurde.

Est-ce vraiment ce que je veux ? Est-ce là mon bonheur ? Suis-je encore capable de faire confiance à la vie ? A quelqu’un ?

Je découvre avec tristesse que je si j’étais en parfait amour je n’étais pas en parfaite confiance. J’attendais le malheur au  tournant.

Aurais-je invoqué le découragement, la tristesse, le chagrin dans ma vie ?

Si la pensée est créatrice, si l’on croit aux égrégores ou si, tout simplement, on sait combien l’auto persuasion peut être délétère, on se rend compte combien perdre la foi est dangereux.

Nous souhaitons créer notre bonheur or c’est notre malheur que l’on crée.

Un ami très cher m’a dit quelque chose de très  simple et de très intelligent :
« Les prémices de l’amour, c’est comme une plante qui n’est pas encore plantée en terre , elle a besoin d’être arrosée souvent. Au final, l’amour, on le souhaite, on le décide et il nous traverse. »
C’est cela, on le souhaite, on le décide, il nous traverse.
A partir du moment où l’on perd la foi, comment souhaiter, comment décider, comment être traversé par l’amour ?

En ce qui me concerne, j’ai vécu des périodes où l’amour m’a quitté, j’en ai aussi vécu d’autres ou j’ai simplement douté de lui, me comportant d’une façon suspicieuse et capricieuse.

Même constat sur le plan professionnel. On fait le  choix d’une profession où l’on va vers l’autre, mais le manque de confiance en soi, d’amour de soi empêche l’ouverture  à l’autre.
Il devient donc difficile de s’investir dans la voie que l’on avait pourtant choisie, on ne sait plus pourquoi on a fait cette formation, pourquoi nous nous levons le matin…
Tout semble vain, absurde, obscure.

Arcane XVI - Maison Dieu - Tarot d'Ambre par Florence Magnin

Arcane XVI – Maison Dieu – Tarot d’Ambre par Florence Magnin

Et là je vois. Je vois mon cœur emmuré, protégé derrière ses remparts comme autrefois mes yeux par l’écran des lunettes ou des lentilles. Et je me vois, moi, mes qualités, mes dons, mon besoin incroyable de donner de l’amour.

Non, pas de cadeaux achetés, manufacturés. Pas d’étouffement compulsif centralisé.

Juste un don désintéressé aux gens en général. Un mieux-être, un partage, un échange, une bienveillance.

Où est passée cette personne en moi ? Cette personne capable de souhaiter le meilleur pour les autres « en parfait amour et en parfaite confiance » ?

Je viens de renaître. J’ai vu combien j’avais laissé mourir cette partie de moi pour ne plus me heurter aux autres, pour ne plus souffrir. Croyant me préparer au pire pour m’apaiser des souffrances je les ai provoqués par mes doutes et mes craintes, mon enfermement en moi-même.

Je ne veux plus fuir. Faire face à mon ombre, c’est aussi reconnaître le pouvoir que je lui ai donné toutes ces années. La tête en bas, tel Odin pendu à Yggdrasil, j’ai vu autrement et compris le secret, mon secret : Non. Je ne suis pas quelqu’un d’optimiste et d’aimant.
Sinon, je serai déjà dans l’humanitaire, dans l’associatif ou simplement en train d’exercer mon métier de Praticienne en santé naturelle.

Bref, adossée à mon ombre, je reprends les rênes, j’ouvre grand les yeux, le cœur et… y a plus qu’à.

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Une réflexion au sujet de « Cœur fermé, yeux ouverts »

  1. Bienvenue à ta seconde vie Soror Terra Mater :)
    Je salut ton article et quelle belle dernière phrase en forme de promesse!
    Laisse toi le temps avec douceur pour redonner la place à ton Moi véritable, tu es Lumière, le bonheur doit être en toi avant d’être extérieur à toi.

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